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TRANSCRIPTION TEXTUELLE

Jeremy Fasquelle :

Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast hebdomadaire de BNP Paribas Wealth Management. Et aujourd'hui, nous répondrons aux questions que nos clients nous posent le plus souvent dans l'environnement actuel, marqué par la volatilité, les tensions géopolitiques et les grandes thématiques de long terme. Trois sujets sont au programme : le premier sur les taux d'intérêt en zone euro, le deuxième des actions technologiques et l'intelligence artificielle, et enfin nous ferons un focus sur les matières premières avec leur impact sur les entreprises. Pour en parler j'ai le plaisir d'accueillir Isabelle Enos, Responsable Stratégie Marchés chez BNP Paribas Banque Privée. Bonjour Isabelle.

Isabelle Enos :

Bonjour Jérémy.

Jeremy Fasquelle :

Alors Isabelle première question très fréquente chez nos clients : le rendement du Bund allemand à 10 ans a fortement remonté ces dernières semaines. Comment faut-il interpréter ce mouvement et est-ce qu'on voit une opportunité d'achat ?

Isabelle Enos :

Oui nous pouvons le penser. Ces dernières semaines le rendement du Bund allemand à 10 ans a nettement rebondi, culminant en temporellement aux alentours de 3,1%. Ce mouvement s'explique principalement par la montée des incertitudes inflationnistes et exacerbé par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Pour mieux comprendre, le rendement obligataire se décompose en deux parties : une composante inflation et une composante réelle, corrigé de l'inflation au travers du pouvoir d'achat qui dépend essentiellement du potentiel de croissance de l'économie. Cette composante réelle peut être appréhendée au travers des obligations indexées sur l'inflation. Ces titres versent un coupon réel auquel s'ajoute l'inflation effectivement constatée sur la période. Le rendement est plus élevé pour l'obligation nominale parce qu'il inclut d’emblée l'inflation anticipée, alors que l'obligation indexée affiche un rendement réel. La différence entre les deux correspond précisément aux attentes d'inflation. Ainsi une obligation indexée peut verser un coupon réel de 1% auquel s'ajoute l'inflation observée.

Début avril le rendement réel à l'échéance d'une obligation souveraine allemande indexée sur l'inflation à 10 ans s'établissait autour de 0,7%. À titre de comparaison une obligation nominale non indexée de même maturité affichait un rendement proche de 3%. L'écart entre les deux d'environ 2,3% correspond donc en première approche aux anticipations d'inflation à 10 ans.

Cette lecture doit toutefois être nuancée car c'était car intégré également d'autres facteurs notamment une prime de risque ou d'incertitude inflationnistes. Nous n'avons pas de raison de douter de la capacité de la Banque centrale européenne à ramener l'inflation vers un niveau proche de 2% au cours des prochaines années. Les taux réels dépendent avant tout du potentiel de croissance de l'économie que nous estimons à environ 0,7%. Même en intégrant une prime d'incertitude, il apparaît donc crédible que les rendements nominaux reviennent d’ici 1 an dans une fourchette comprise entre 2,7 et 3%. Dans ce contexte nous estimons que des opportunités d'investissement réapparaissent sur les obligations souveraines de maturité longue, en particulier dans les pays corde de la zone euro, à commencer bien sûr par l'Allemagne.

Jeremy Fasquelle :

Donc une émergence de portunités sur la dette cor longue.

Isabelle Enos :

Exactement.

Jeremy Fasquelle :

Deuxième question au cœur des perturbations actuelles, c'est l'intelligence artificielle. On a un contexte de forte dynamique autour de ce sujet. Est-ce qu'aujourd'hui les niveaux de valorisation du secteur technologique sont aujourd'hui redevenus attractifs ?

Isabelle Enos :

L'intelligence artificielle reste le principal catalyseur de la croissance du secteur technologique. Aux États-Unis, les anticipations des dépenses d'investissement des hyperscalers ne cessent d'être vues à la hausse. Cet optimisme persistant est alimenté par le lancement de nouveaux agents fondés sur des modèles plus puissants par des acteurs comme Anthropic ou Meta. Un cycle déclaration très favorable des poids lourds du secteur. Anthropic a récemment indiqué que son chiffre d'affaires annuel est devenu prochainement dépasser les trente milliards de dollars, illustrant l'accélération de la monétisation de l'IA générative. Cette dynamique s'inscrit dans un contexte d'adoption croissante des outils d'intelligence artificielle par les entreprises, en particulier les plus petites. Compte tenu de la réévaluation récente et du potentiel de croissance structurelle du secteur technologique, nous considérons que la valorisation actuelle est redevenue plus attractive.

La tech a paré mieux protégée contre une hausse des coûts de l'énergie que les segments plus cycliques des marchés actions. Néanmoins, dans un environnement marqué par des risques persistants sur les marchés boursiers, nous continuons de privilégier une approche sélective et prudente dans la constitution ou le renforcement des positions.

Jeremy Fasquelle :

On a détaillé une approche mesurée et sélective.

Isabelle Enos :

Clairement.

Jeremy Fasquelle :

En troisième question, ce sera la dernière, ça concerne les matières premières. C'est on l'a on l'a vu avec les tensions géopolitiques, les perturbations actuelles sur certaines matières premières, pétrole, aluminium ou encore hélium. Quels sont concrètement les impacts de ces perturbations sur les entreprises ?

Isabelle Enos :

Alors l'impact de ces perturbations sur les résultats des entreprises dépend de plusieurs facteurs, mais on en a trois plus particulièrement qui semblent à regarder avec attention. Tout d'abord, au travers de la part des matières premières dans le coût total des intrants, ainsi que l'existence ou non de substituts facilement disponibles, le degré de pouvoir de fixation des prix des producteurs joue également un rôle clé dans leur capacité à préserver marge. L'impact final des coûts varie fortement selon les secteurs et les zones géographiques. À titre d'exemple, dans l'industrie des semi-conducteurs, les effets d'un renchérissement de l’hélium sur le coût total d'une puce de silicium il reste limité. L'hélium ne représente généralement que 0,5 à 1% des coûts de production. Le second facteur, il tient aux contraintes opérationnelles. Les tensions d'approvisionnement pourraient devenir plus problématiques si les perturbations liées à la région du Golfe persistaient, entraînant une dégradation des stocks disponibles.

Enfin, les résultats des entreprises pourraient être affectés par un effet négatif potentiel sur les volumes de production. Celui-ci devra toutefois être compensé au moins partiellement par la hausse du prix de vente.

Jeremy Fasquelle :

Merci beaucoup, Isabelle.

Isabelle Enos :

Merci, Jérémy.

Jeremy Fasquelle :

Et merci à vous de nous avoir suivis. Pour plus d'informations, contactez votre banquier privé. Merci à vous. Au revoir.

Transcript - Conflit au Moyen-Orient : Les questions posées par nos clients