Bouton de retour vers le haut de la page

Transcription Podcast

Jeremy Fasquelle :

Bonjour et bienvenue dans ce podcast hebdomadaire de BNP Paribas Wealth Management. Je suis Jeremy Fasquelle et je suis aujourd'hui accompagné d'Edmund Shing, Global Chief Investment Officer qui nous dévoile sa stratégie d'investissement pour le mois de mai 2026. Bonjour Edmund.

Edmund Shing :

Bonjour Jeremy.

Jeremy Fasquelle :

Edmund, le mois d'avril a été marqué par de forts contrastes. D'un côté, le détroit d'Ormuz reste fermé à la navigation, tandis que les prix du pétrole évoluent toujours à plus de 50% au-dessus de leurs niveaux avant conflit. Dans ce contexte, nous anticipons une inflation plus élevée et une croissance mondiale plus faible pour le reste de l'année 2026. À l'inverse, les marchés actions ont été portés par une solide saison de résultats au premier trimestre, accompagnés d'une révision à la hausse des estimations de bénéfices. Les marchés américains, comme émergents, ont inscrit de nouveaux records historiques au cours du mois. Pourquoi les marchés actions sont-ils revenus sur leurs plus hauts alors que les prix du pétrole restent aussi élevés ?

Edmund Shing :

Pour moi, les marchés financiers prévoient déjà pas seulement un cessez-le-feu, mais un accord à court terme entre les États-Unis d'un côté et l’Iran de l'autre côté. Pour moi, les deux pays veulent trouver un accord, veulent rouvrir le Détroit d'Ormuz, mais pour des raisons différentes. Pour les États-Unis, on a une pression domestique considérable et aussi de la part de leurs alliés dans le Golfe notamment avec les élections mid-term de novembre qui s'approchent de plus en plus. Pour les Iraniens, ils ont aussi vu les sanctions et le manque d'exportation pétrolière, une pression économique considérable qui monte dans le temps. Donc même pour les Iraniens, ils veulent quand même commencer à réexporter le pétrole parce qu'ils arrivent aux limites de niveau de leur stockage de pétrole aujourd'hui. Donc ils veulent quand même commencer à réexporter et surtout leurs premiers clients qui restent quand même la Chine.

Jeremy Fasquelle :

Quelle est l'ampleur réelle de la destruction de la demande pétrolière et quel impact pour l'économie mondiale ?

Edmund Shing :

Il y aura évidemment un impact sur le sur la croissance économique de l'économie mondiale. C'est évident si, par exemple, on regarde plusieurs secteurs, comme par exemple le transport aérien. Les compagnies aériennes aujourd'hui sont en train de réduire le nombre de vols partout dans le monde en fonction de prix de carburant, de jet fuel, qui a doublé en prix notamment en Asie depuis le début de ce conflit. Et donc il y a plusieurs routes qui deviennent aujourd'hui déficitaires. Et donc maintenant, les compagnies aériennes sont obligées de se concentrer plutôt sur les routes aériennes qui restent rentables aujourd'hui. Donc évidemment moins de vols, moins de demandes. Également pour les consommateurs, pour les ménages en Europe, les consommateurs roulent moins vu le prix du pétrole et des essences. Et deuxièmement, il y a pour moi une espèce de destruction de demande structurelle parce que les ménages européens privilégient l'achat plus de véhicules à batterie ou les véhicules hybrides, ça va diminuer dans le temps la demande pour les diesels et pour l’essence. Structurellement, donc d'ici un an, nous prévoyons un prix de pétrole aux alentours de 80 dollars de baril ou peut-être en dessous, par rapport plus de 100 dollars de baril qu'il est prix actuel aujourd'hui.

Jeremy Fasquelle :

Dans un contexte de folie autour de l'intelligence artificielle, comment investir dans cette thématique aujourd’hui ?

Edmund Shing :

C'est une très bonne question. Vu le fait que la Nasdaq100, l’indice phare de technologie a atteint des nouveaux sommets tout dernièrement. Pour l'instant, c'est quand même propulsé par les fabricants de puces, de puces GPU comme Nvidia, mais aussi des puces de mémoire comme Micron aux États-Unis et comme Samsung et SK Hynix en Corée du Sud. Aujourd'hui, nous pensons que le meilleur moyen d'investir dans la thématique de l'IA, c'est par les goulots d'étranglement pour nous, qui est le goulot d'étranglement énergétique, la génération et transmission d'électricité pour les centres de données. Ils nécessitent un investissement lourd dans cette infrastructure aux États-Unis et partout dans le monde. Et pour nous, la meilleure façon de jouer ça, c'est via l'infrastructure électrique. Donc effectivement, investir dans les fabricants d'équipements électriques et électroniques comme les transformateurs pour la génération d'électricité et également pour les centres de données. Le deuxième moyen de jouer cette thématique de l'IA, c'est via les matières premières nécessaires pour la technologie, par exemple les métaux de terre rares et aussi le cuivre pour le câblage pour les centres de données et pour toute forme de technologie.

Jeremy Fasquelle :

Les banques centrales vont-elles relever leur taux d'intérêt à court terme ?

Edmund Shing :

On espère que non, mais pour nous, c'est plutôt sûr aux États-Unis. La Reserve Fédérale va changer de président dans les prochains mois. De jure, on parle vers Kevin Warsh, mais nous pensons, vu le fait qu'ils ont un mandat équilibré entre la croissance d'un côté et l'inflation de l'autre côté, que la Reserve Fédérale ne va pas changer leur taux d'intérêt dans les prochains mois. La question se pose peut-être un peu plus pour les banques européennes notamment, la banque d'Angleterre et pour le BCE, parce qu'en Europe, les banques centrales ont plutôt un seul mandat pour maintenir un niveau d'inflation autour de 2% à moyen terme. Donc avec un taux d'inflation qui bien sûr remonte à cause du conflit en Iran à court terme, il y a quand même une pression claire sur ces banques centrales. Mais nous pensons que si on a une désescalade des tensions du conflit en Iran dans les prochaines semaines, les prix énergétiques vont baisser, vont descendre et qui va enlever cette pression sur les banques centrales notamment en Europe. Donc pour l'instant, si on a un désescalade dans les prochaines semaines, nous prévoyons pas un taux directeur pour le banque anglaise plus d'ici la fin de l'année.

Jeremy Fasquelle :

Quelles sont vos trois idées d'investissement privilégiées actuellement ?

Edmund Shing :

La première, bien sûr, c'est l'infrastructure énergétique. Ça peut être bien sûr autour de la production, la génération, transmission d'électricité, d’un côté ou l'infrastructure liée, par exemple, les tuyaux ou la gazéification de GNL en Amérique du Nord. Deuxième idée, ce sont les matières premières, les commodités. Pourquoi ? Parce que l'indice des matières premières de Bloomberg a récemment atteint un nouveau sommet, même plus haut qu'on a achevé en 2022. Nous restons très positifs sur cette classe d'actifs des matières premières, notamment les métaux précieux comme l'or et les métaux industriels comme le cuivre et l'aluminium. La troisième idée, toujours liée à l'énergie, c'est quand même investir dans le stockage de batteries industrielles et les matières premières sous-jacentes qui les tiennent, via les fonds et les ETF. Voilà nos trois idées d'investissement pour le mois de mai.

Jeremy Fasquelle :

Merci Edmund et merci à vous d'avoir suivi ce podcast de BNP Paribas Wealth Management. Pour plus d'informations, consultez notre site web. À bientôt.

Transcription podcast - Notre stratégie d'investissement mai 2026